la période du non

das Weinen

La période du non chez votre enfant Etape incontournable et indispensable pour son développement

Comment gérer cette phase d’opposition ? Comment réagir ?

« Dans un supermarché, mon fils Alexandre de 2 ans réclame dans un rayon jouets, le jeu « téléphone portable sonore et lumineux » . Je lui réponds « non » d’un ton ferme. Et là, c’est le drame. Alexandre se met à crier « non », à faire de grands gestes, il va jusqu’à se rouler par terre pour tenter d’obtenir ce qu’il veut et il tape du pied.

Comment réagir ? Après une journée de travail, j’ai envie de calme et non de caprices.

En plus, je sens tous les regards des clients braqués sur moi, je me sens jugé. J’ai le sentiment qu’ils réprouvent ma réaction. Certains me trouvent laxistes, d’autres trop sévères. Ils doivent surement se dire que s’ils étaient à ma place, avec leur progéniture, cela n’arriverait pas, pas de crises, pas de non, pas de colères. »

Rassurez-vous, presque tous les parents passent par cette scène et celle-ci ne remet nullement en cause vos compétences « d’éducateurs ».

« Au parc, je dis à Gabriel, mon fils de 28 mois, qu’on s’en va, que nous devons rentrer à la maison. Les « non » pleuvent, une colère survient. Son attitude commence à « me chauffer ».

Ensuite, une fois de retour à la maison, je lui demande d’aller prendre son bain. Là aussi, il me dit « non » et des « non » à profusion.

Puis, pour le dîner, je lui sers une soupe. Là, il répète « non, je n’en veux pas », il repousse son assiette, il pleure, il réclame des pâtes.

Avec la fatigue et après une journée chargée, ses « non », ses jérémiades, je n’en peux plus. Je perds mon sang-froid. Je lui crie « que c’est moi qui décide et qu’il n’a pas le choix » tout en sachant que je sais bien que c’est totalement inutile. C’est comme si, nous essayons de savoir lequel d’entre nous dira « non » le plus fort. Au final, ça nous énerve et nous épuise tous les deux. Je suis désemparé. »

crying baby age of 1 year don't want to eatVers 18 mois et ce jusqu’à ses 3 ans environ, votre petit ange se mue en machine à dire « non ». Le « non » devient son mot favori, il fait partie de son vocabulaire.

Sachez que cette crise d’opposition est inéluctable et même souhaitable. D’ailleurs, on qualifie cette période de « terrible two » dans les pays anglo-saxons.

Chaque enfant est différent. Certains vivront cette étape de la vie de manière spectaculaire avec des fortes crises d’opposition comme des cris, des pleurs, des colères, des roulades, des coups, tandis que d’autres la vivront de façon moins intense.

Sa phase d’opposition marque le signe d’une nouvelle maturité. Il sort du statut de « bébé » pour devenir « enfant » et « une personne à part entière ». Il se nomme, revendique sa place, se différencie de l’adulte avec sa pensée propre et entend le faire savoir.

Votre enfant commence à se construire, à s’affirmer. Par ses « non », il manifeste son besoin d’autonomie. Il attire votre attention sur son altérité. Il ose vous tenir tête. Il vous provoque, il vous envoie des messages. Il souhaite savoir jusqu’où va cette autonomie nouvelle, donc il vous teste « sans cesse » pour expérimenter vos limites et son pouvoir.

A travers ses « non », il exprime également ses désirs. Il comprend que sa volonté est souvent différente de la votre. Il a besoin de vous, mais il cherche à tester par lui-même tout ce que vous lui dites, c’est pourquoi il est nécessaire de lui imposer des limites.

Pendant cette période, votre chérubin se trouve en plein paradoxe, il vit un conflit permanent entre deux besoins contradictoires : autonomie et dépendance. Votre enfant, il souhaite être câliné, vous faire plaisir, mais paradoxalement, il adore vous mettre en colère. En vous faisant sortir de vos gonds, il se sent tout puissant. Il a découvert votre point faible et sait sur quel bouton il peut appuyer.

Non tampon

Ses « non » à répétition ont plusieurs significations pour votre enfant :

  • le non pour s’affirmer
  • le non pour provoquer
  • le non pour contester
  • le non pour s’opposer
  • le non pour imiter
  • le non pour exister.

Ses « non », il les prononcent sans discernement pour affirmer : « c’est moi qui décide pour moi« . Chacune de vos demandes, pendant un temps, vous sont systématiquement refusées par votre enfant.

Il ne faut pas voir le « non » comme forcément un refus, il signifie surtout « j’existe et j’ai une volonté propre ».

Certaines fois, vous constatez que malgré les mots, malgré ses « non », votre chérubin fait ce que vous lui demandez. Il dit « non » mais fait « oui ». Mais ce « non » là signifie qu’il accepte votre proposition, ce n’est pas parce qu’il y est contraint, mais parce qu’il le veut bien.

Si votre enfant dit non, c’est aussi parce que c’est le mot qui revient le plus fréquemment dans votre vocabulaire lorsque vous vous adressez à lui. « Non, tu ne touches pas à la télécommande; non il n’y a pas de sucreries avant le déjeuner; non tu ne sors pas de table, tu finis ton assiette; non, tu ne joues pas, tu vas te coucher ».

Cette phase révèle quels parents nous sommes. elle réveille notre enfance. Bien souvent, nous reproduisons des attitudes soit plutôt laxistes, soit plutôt autoritaires en fonction de notre propre histoire.

Ce qui semble le plus difficile pour les parents, surtout pour la maman qui sort d’une relation fusionnelle avec son bébé, c’est de ne pas prendre cette attitude comme un affront personnel. Dites-vous que cette période est salutaire et bénéfique pour votre enfant.

Après si vous vous sentez totalement dépassé  face à son attitude et que cette situation pèse sur votre entourage social et familial et que même au-delà de ses 3 ans, il continue dans son opposition, nous vous invitons à consulter votre médecin ou son pédiatre qui pourra vous prodiguer quelques conseils voire vous orienter vers un pédopsychiatre afin de chercher à comprendre ce qu’il se passe et quelle méthode appliquée.

 

Voici quelques recommandations, conseils à appliquer pour que vous puissiez vivre cette phase d’opposition avec plus de sérénité. 

1) Gardez votre calme :

Soyez bienveillant, n’essayez pas d’avoir le dessus coûte que coûte. N’accordez pas trop d’importance à ses rebellions. Restez calme, même si, on vous l’accorde, ce n’est pas évident. Dites lui : « j’entends bien que tu dis « non », mais nous allons quand même faire comme je l’ai décidé ».

2) Détournez son attention :

Au lieu d’interdire à votre enfant de faire telle action, ce qui va l’énerver » et le braquer, suggérez-lui de faire autre chose.

Confiez-lui des petites tâches ponctuelles qui lui permettront de ne pas se focaliser sur des buts que vous estimez vains ou dangereux. « Tu viens, nous allons rentrer à la maison, nous allons faire un gâteau ». « Est-ce que tu veux bien m’apporter mon calepin qui se trouve à côté de toi, s’il te plaît ? »  Vous lui offrez la chance de vous montrer son autonomie en lui confiant une petite responsabilité.

Attention tout de même à ne pas abuser de cette méthode, utilisez là avec parcimonies.

3) Instaurez la règle du « 5, 2, 1 » :

Par exemple, vous êtes avec votre fille au parc pour enfant, elle refuse de s’en aller. Logique, elle est en plein jeu. Ne cherchez pas à lui faire entendre raison en lui rappelant que c’est l’heure de préparer le repas ou de prendre la douche. Anticipez, ça sera plus judicieux.

5 minutes avant l’heure du départ, prévenez-la, et montrez-lui vos 5 doigts qui correspondent aux minutes restantes pour jouer. 2 minutes plus tard, vous lui annoncez qu’il lui reste que 3 minutes, vous lui montrez 3 doigts. Enfin, c’est l’heure, vous vous en allez sans discuter en lui prenant la main.

Mettez régulièrement en place ce petit rituel. Par ce biais, vous aiderez votre enfant à obtempérer au bon moment sans se sentir floué.

4) Supprimez les questions fermées :

Afin d’éviter la réponse « non », bannissez les questions fermées, dont la réponse est automatiquement soit oui soit non. Ne lui demandez pas s’il veut du poisson mais quelle quantité il en veut.

Privilégiez les impératifs, tel que « c’est l’heure de bain »; « va au lit, c’est l’heure d’aller se coucher ».

5) Votre femme et vous-même, vous devez opposer la même réponse à votre enfant :

Le degré, l’intensité de l’opposition dépend du caractère de l’enfant, mais aussi de la manière dont les parents gèrent la crise. Si les limites sont exprimées de façon cohérente, elles sont rassurantes pour votre enfant.

Pour tel sujet de conflit donné, votre enfant doit se voir systématiquement opposer la même réponse, aussi bien par vous, par votre femme ou par vous deux.

Quand les limites fixées sont floues et fluctuantes, elles perdent le côté rassurant qu’elles doivent avoir pour votre enfant. Entre votre femme et vous, soutenez-vous, ayez le même comportement vis-à-vis de votre bébé.

6) Respectez son désaccord :

Respectez son droit d’exprimer son désaccord et de prendre des initiatives, même si dans le fond, vous ne cédez pas, vous ne fléchissez pas.

Vous opposez frontalement à ses refus répétitifs, vous amène à une période épuisante, fatigante et dommageable pour vous comme pour lui.

Contournez l’obstacle en utilisant des phrases qui désamorcent le conflit sans que votre enfant éprouve le sentiment de perdre la face. Montrez-lui que vous comprenez ses sentiments et ses besoins, que vous entendez sa soif de découverte et d’autonomie.

crying baby dont want to eat7) Posez-lui des limites :

Votre enfant a plus que besoin d’avoir des limites. Vous devez lui en poser clairement et vous devez les lui faire respecter. Si vous ne lui tenez pas tête, votre enfant se retrouve livré à lui-même, à la fois grisant et angoissant pour votre bambin.

Lorsqu’il arrache les pages de son livre ou bien qu’il pianote le clavier de votre ordinateur alors qu’il sait bien que c’est interdit, répondez-lui « non » d’un ton ferme et convaincu. S’il pousse davantage la provocation en ne prenant pas en compte vos mises en garde, ne flanchez pas. Dites-lui clairement que « Lorsque papa dit non, c’est non ».

Lâcher prise semble parfois plus facile que de se battre avec votre petit têtu, mais il a besoin que vous teniez bon et que vous lui posiez clairement les limites.

Les limites que vous lui donnez forment des repères et des soutiens sur lesquels votre enfant peut s’appuyer pour grandir. Ces limites font partie intégrante de son développement même si elles suscitent des pleurs et des colères. Au contraire, c’est une éducation sans frustration ni conflit qui empêcherait votre bébé d’évoluer correctement.

8) Refusez catégoriquement pour les règles les plus importantes :

Votre enfant doit comprendre les règles que vous lui dictez, elles doivent être claires et en rapport avec vos valeurs au sein de votre famille.

Ne réservez vos refus catégoriques qu’aux règles les plus importantes telle que « non, ne traverse pas la route sans me tenir la main, c’est dangereux ». Cette règle de sécurité est intransigeable.

Les limites qui touchent au bien-être, à la sécurité ou à la santé de votre enfant sont très importantes à maintenir et à faire appliquer.

A contrario, laissez lui de la latitude sur les petits choix sans conséquence comme le choix du vêtement pour aller à l’école demain, lâchez prise. Proposez lui qu’il émette son avis sur les vêtements qu’il souhaite porter aujourd’hui, il se sentira fier que vous lui demandiez. Dans certains cas, comme celui-ci, faites des concessions. Offrez un choix à votre enfant, il aura l’impression d’avoir du pouvoir.

9) Ignorez les regards de désapprobation des adultes ou de vos proches :das Weinen

Si vous êtes, par exemple, au supermarché ou au parc et que votre enfant vous fait une scène, apprenez à passer outre les regards désapprobateurs des clients, des passants. Evitez seulement de vous laisser déborder et de crier plus fort que lui.

Une fois que votre enfant s’est calmé, parlez avec lui de ce qui vient de se passer et de son attitude.

Ne lui dites pas « tu es méchant », « tu fais du mal à papa », « tu es insupportable », vous l’enfermez dans son attitude, optez plutôt pour « c’est ton attitude qui me déplaît, je ne suis pas d’accord que tu agisses de cette façon ».

10) Montrez-lui votre affection :

Ne lui retirez pas votre soutien et votre affection sous prétexte que votre enfant souhaite faire les choses tout seul.

Pendant cette période difficile, vous devez faire preuve de beaucoup de patience et lui prodiguer les éloges et les encouragements dont il a besoin lorsqu’il tente de faire les choses par lui-même.

11) Valorisez-le, félicitez-le, montrez-lui votre fierté :

Dites à votre enfant votre fierté de le voir grandir.

Lorsqu’il dit « oui » ou lorsqu’il fait une action que vous lui avez demandé, félicitez-le. Dites-lui « tu es grand mon fils. Puisque tu as été sage et que tu n’as pas râlé, je vais t’acheter à la boulangerie un petit goûter. Tu as le choix entre pain au chocolat, croissant, brioche. » Ainsi, vous donnez l’occasion à votre enfant de s’affirmer sans s’opposer systématiquement à vous.

12) Ignorez ses crises : crying baby age of 7 month

Lorsque c’est possible, ignorez les crises de votre enfant, changez de pièce si la tension monte.

Mettez l’accent sur ses bons comportements plutôt que sur ses crises et ses colères. Il prendra conscience que vous lui prêtez davantage d’attention quand il est calme et coopératif que quand il est en crise.

13) Prenez votre enfant dans vos bras : 

Lorsque votre enfant est en proie à une colère violente et est submergé par elle, prenez le dans vos bras et gardez le en lui disant que vous n’êtes pas d’accord avec son comportement mais, qu’ensemble, tous les deux, vous allez vous calmer. Petit à petit, votre bambin va se détendre et reviendra se blottir dans vos bras qui le rassurent.

14) Organisez avec votre enfant une activité en tête-à-tête :

Organisez avec lui une activité tous les deux. Les enfants adorent que leurs parents leur consacrent un moment rien que pour eux. Votre chérubin se sentira rassuré sur l’amour que vous lui portez…Enfin, jusqu’à la prochaine fois.

Si malgré ces quelques conseils votre enfant devient invivable et que vous vous sentez totalement désemparés face à son attitude et que cette situation nuit à l’entourage social et familial, il faudra chercher à comprendre ce qui se passe.

N’hésitez pas à rencontrer un professionnel, soit votre pédiatre, médecin ou un pédopsychiatre, qui pourra vous accompagner pendant cette période. Chez certains enfants, il ne s’agit pas d’une simple crise d’opposition, d’autres facteurs amplifient les conflits entre lui et ses parents. Ces facteurs peuvent être liés au caractère, à la personnalité de l’enfant, à son histoire, à un retard de langage, à une hyperactivité ou à l’enfance de ses parents.

 

 

Ecrit en collaboration avec un pédopsychiatre  travaillant au sein d’un CMPP (Centre Médico-Psycho-Pédagogique) et les témoignages de parents membres de la E-Communauté d’E-BEBE

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